Bannir des gens des réseaux sociaux crée-t-il un web à deux vitesses?

Dans le monde d’après, Donald Trump ne gazouille plus. Twitter, échaudé par l’envahissement du Capitole par ses partisans, a décidé de couper le bec du 45e président des États-Unis. Une petite mort pour le twitto le plus influent de la planète qui, sans accès à son canal de communication préféré, n’occupe plus l’espace médiatique comme avant. «Après examen approfondi des tweets récents de @realDonaldTrump et du contexte actuel notamment comment ils sont interprétés […] nous avons suspendu le compte indéfiniment à cause du risque de nouvelles incitations à la violence», s’est justifiée la firme au petit oiseau bleu dans un communiqué publié début janvier justifiant cette décision. Facebook a de son côté suspendu pour deux ans le compte de l’ancien président des États-Unis.

À mesure que les GAFAM choisissent de maîtriser davantage leurs contenus, l’efficacité d’une interdiction de certains discours et le bannissement de personnalités posent question, même si une étude relayée par le Washington Post laisse entendre que ces actions portent leurs fruits. Selon cette enquête du cabinet de recherche Zignal Labs, les fake news circulent moins depuis la suspension du compte de l’ancien président américain. La semaine suivant son éviction, la désinformation sur la fraude électorale aurait ainsi chuté de 73% sur les médias sociaux.

Un résultat pas si surprenant puisqu’en éjectant Donald Trump et les siens, les réseaux sociaux se rendent forcément moins perméables à ces discours. Mais d’autres plateformes sont bien moins sélectives. Elles sont même nombreuses à surfer sur les accusations de censure et à pratiquer une modération peu contraignante. Les fake news ne disparaissent donc pas d’internet: elles migrent vers d’autres supports. La modération ne serait-elle finalement qu’un moyen de mettre la poussière sous le tapis?

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