L’affront du MR au Premier ministre, l’affront du Premier ministre au MR

Il y avait de quoi devenir fou hier à la chambre. Le Premier ministre a dit à propos de la nomination Ihsane Haouach, qu’aucun parti n’a remis en question la décision. Mais en même temps le président du MR tweetait que ce n’était « pas exact » et le ministre MR David Clarinval disait qu’il s’y était bel et bien opposé.

Le principe de non-contradiction heurte le parlement. Quelqu’un a donc menti ? Le Premier ministre a dû revenir s’expliquer. Il confirme sa position mais en même temps précise ceci : « Il n’y a pas de discordance au sein du gouvernement »

Bien souvent en logique la contradiction ou les paradoxes sont levés par une analyse des niveaux de langage.

Le Premier ministre dit vrai d’un point de vue décisionnel. Si le MR voulait bloquer la nomination décidée par la secrétaire d’Etat Sarah Schlitz Ecolo, il devait mettre le point à l’agenda du conseil des ministres, et demander son annulation ou une nouvelle décision. Il ne l’a pas fait. Le MR ne s’est donc pas opposé techniquement et politiquement à cette décision. La décision est prise, Ihsane Haouach sera bien nommée au nom du gouvernement, le moniteur faisant foi. C’est la réalité technique et politique. Le Premier ministre dit donc la vérité.

Mais, quand le MR parle d’opposition, il n’évoque pas ce niveau « décisionnel ». Il en reste au niveau de la discussion, de la conversation. Le MR a fait savoir qu’il n’était pas d’accord en Kern, il a dit sa désapprobation. En ce sens-là il s’est opposé. De ce niveau de langage, le MR a dit la vérité, il s’est opposé.

Ces nuances sémantiques annulent la contradiction. Mais seulement en partie. Car la politique gouvernementale c’est une discussion, suivie de l’arrêt d’une décision. Il y a eu opposition dans la discussion, mais pas dans la décision et c’est ça qui compte, à la fin. C’est la seule chose qui compte.

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