Comment les néerlandophones réagissent-ils au débat sur le voile? 

Ce lundi, la Stib a jeté un pavé dans la marre en refusant de faire appel du jugement l’obligeant à autoriser le port du foulard. Immédiatement, le commissaire Vincent Riga (Open Vld) a suspendu la décision et l’affaire est maintenant sur la table du gouvernement bruxellois. Au même moment, Ecolo devait nommer une personne au poste de commissaire de gouvernement (fédéral) à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. Le choix du parti s’est porté sur Ihsane Haouach, une femme au parcours professionnel irréprochable. Mais un détail dérange: elle porte le voile.

Ces deux affaires ont relancé de plus belle le débat sur le voile chez les francophones, que ce soit à gauche ou à droite. Mais au nord du pays, l’approche est assez différente. Certaines personnalités politiques ont réagi mais globalement, le ton est plus calme. Sauf exception, les partis se montrent beaucoup moins divisés qu’au sud.

La réaction la plus flagrante de ce point de vue-là, c’est celle du CD&V. Le président du parti Joachim Coens a tranché de façon claire et nette sur le voile d’Ihsane Haouach. «Elle a la liberté de faire son choix à ce sujet. Je ne comprends pas le problème», répond Coens. Il appelle en même temps à ne pas adopter d’interdiction des signes confessionnels dans l’éducation et les services publics, sauf pour certains postes d’autorité comme les juges, les policiers et les soldats. «Après tout, personne n’est neutre. Tout le monde a des convictions politiques, philosophiques ou religieuses. Il n’y a rien de mal à cela», affirme le CD&V. Une position qui tranche avec celle de son partenaire francophone, le CdH, très divisé sur la question.

Au centre-droit, on pouvait également s’attendre à ce que l’Open Vld suive son binôme du sud, le MR, vent debout contre le port du voile. C’était plutôt bien parti vu l’intervention de Vincent Riga sur le cas de la Stib. Le ministre bruxellois des Finances, Sven Gatz (lui aussi de l’Open Vld), a lui aussi demandé à ce que la Stib fasse appel devant la justice. Sauf que depuis, le Nieuwsblad a fait savoir que son président de parti, Egbert Lachaert, n’avait pas envie de s’étaler sur le sujet. «Il y a d’autres priorités», fait-on valoir chez les libéraux flamands.

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