En Israël, est-ce la fin du règne de Netanyahu?

En apportant dimanche son soutien au chef de l’opposition israélienne, le héraut de la droite radicale Naftali Bennett a ouvert la voie à la formation d’un « gouvernement du changement » qui pourrait faire tomber Benjamin Netanyahu, Premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël.

Tout s’est accéléré dimanche soir: « J’annonce que je vais tout faire pour former un gouvernement d’union avec mon ami Yaïr Lapid », a déclaré Naftali Bennett, qui cultivait depuis plusieurs semaines le mystère sur ses intentions. « Dans ces instants de vérité, il faut savoir prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté dans un discours télévisé. « Yaïr et moi avons nos différences mais nous partageons l’amour de ce pays. »

« La gauche fait des compromis loin d’être faciles, quand elle m’octroie à moi (…) le rôle de Premier ministre », a poursuivi Naftali Bennett. Selon les médias israéliens, un accord entre les deux hommes prévoit qu’il prenne la tête du gouvernement pendant les deux premières années, avant de laisser sa place à M. Lapid. Benjamin Netanyahu a cinglé dans la foulée ce projet de coalition, qui serait selon lui « un danger pour la sécurité de l’Etat d’Israël », en le qualifiant « d’arnaque du siècle ».

Pour former un gouvernement, Yaïr Lapid, à la tête du parti Yesh Atid (« Il y a un futur »), doit réunir les soutiens de 61 députés. Avec l’appui de la gauche, du centre et de deux formations de droite, il en avait rassemblé 51, jusqu’au ralliement de M. Bennett. Ce dernier, à la tête de la formation Yamina (« A droite »), avait remporté sept sièges aux législatives du 23 mars, les quatrièmes en deux ans. Mais un de ses membres avait annoncé son refus de collaborer avec le camp anti-Netanyahu.

Avec ces six appuis supplémentaires, ce bloc qui appelle au changement après 12 ans de direction du pays par M. Netanyahu, doit encore engranger quatre soutiens et compte sur les partis arabes israéliens, qui ne se sont pas encore clairement positionnés.

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