Julian Assange. A quand, les sanctions contre la Grande Bretagne ?

Deux poids, deux mesures. Est-ce que les violations des Droits de l’Homme deviennent excusables dès lors qu’elles sont commises par le monde occidental, par « nous » ? Il faut croire que oui, car en 10 ans, les institutions européennes n’ont pas levé la voix pour demander la libération du plus célèbre des lanceurs d’alerte qui subit en Grande Bretagne ce que l’ONU considère être de la torture. La Grande Bretagne agit sous les ordres de Washington, tout comme la Biélorussie agit sous les ordres de la Russie – il serait donc normal que l’Union Européenne réagisse dans les deux cas de la même façon. Mais elle ne le fait pas.

Depuis la semaine dernière, l’espace aérien européen est fermé aux avions de la compagnie aérienne biélorusse Belavia et les avions venant des pays européens, contournent désormais l’espace aérien biélorusse. Peut-on s’attendre à ce que désormais, les avions de la British Airways ne peuvent plus voler au-dessus de l’Europe ? Est-ce que les vols au-dessus de la Grande Bretagne seront désormais déviés par d’autres routes ? On connaît la réponse et du coup, les appels à la libération de Roman Protassevitch, les sanctions prononcées, prennent un goût amer. Il ne s’agit pas d’un engagement humanitaire de la part des institutions européennes, mais d’une hypocrisie institutionnalisée, d’une occasion de faire du « Poutine bashing », pendant que le cas Assange, au minima aussi scandaleux que celui de Roman Protassevitch, ne semble pas inquiéter la politique européenne.

Il faut quoi à Bruxelles pour réagir ? La mise à mort d’Assange dans sa cellule à la prison de Belmarsh ? Pour ensuite sortir un communiqué indiquant « l’indignation » des responsables européens ? Le silence des institutions européennes, de peur de froisser les Etats-Unis et leurs agents britanniques, transforme l’Union Européenne en complice. Complice de violation des Droits de l’Homme, complice de la torture, complice de l’incarcération d’un journaliste pour des raisons politiques.

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