Roberto Saviano. Le drame des migrants perdus en mer

Aux quatre coins de la planète, cette photo fournie par la Garde civile espagnole a provoqué une émotion qui vient secouer notre conscience face à la question migratoire, reléguée très bas  dans la hiérarchie de l’actualité, absorbée par le suivi de la pandémie. Terrifiante, l’image montre un sauveteur – Juan Francisco Valle Ramirez – tenir un nourrisson au-dessus de la surface de l’eau à Ceuta, là où ses parents, comme des milliers d’autres candidats à l’exil, ont passé l’enclave qui sépare le Maroc de l’Espagne. Miracle d’une tragédie, le bébé de deux mois serait en vie…

Signe des temps, la photo a été qualifiée de fake par certains qui remettent en question le décor où elle a été prise, affirmant qu’elle l’a été  lors d’une autre intervention de sauvetage en Turquie. Depuis, les témoignages (dont celui du principal intéressé) se sont multipliés pour confirmer l’authenticité de la scène. Devenue virale, la photo, publiée le 18 mai sur le compte Twitter de la Garde civile, a muté en symbole puissant, résumant toute la tragédie des exilés…

Signée Nilüfer Demir, la photo  du corps échoué d’Aylan, un petit Syrien de 3 ans, a fait le tour du monde. En septembre 2015, l’embarcation sur laquelle il voyage coule au large de la Turquie. Roberto Saviano compare l’impact de cette image à “celle montrant un enfant levant les bras après la révolte du ghetto de Varsovie” et à “la photo de Kim Phuc fuyant après les bombardements de son village au napalm pendant la guerre du Viêtnam”.

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