« Nous avons breveté le soleil »

En Europe, les études universitaires et la formation des chercheurs sont en grande partie payées par la collectivité. Et la recherche fondamentale reste principalement réalisée grâce au financement public. De même, le développement des spin-off, les petites entreprises créées à partir des connaissances et technologies issues de la recherche, sont soutenues par l’État. Pourtant, quand un produit est enfin obtenu, il est breveté. Ce qui soumet le produit à la logique du marché et privatise les gains au profit d’investisseurs qui bénéficient alors des prises de risque réalisées sur fonds publics.

Dans le cas des vaccins contre le covid, cette logique marchande a contribué à une distribution particulièrement inégalitaire des vaccins. Le secrétaire général des Nations unies a déploré que « dix pays seulement représentent 75 % des vaccinations mondiales ». À la mi-mai 2021, Israël a réussi à vacciner complètement (2 doses) 56 % de sa population, les Etats-Unis 37 % et le Royaume-Uni 31 %. Alors que la majorité des pays européens n’en sont encore qu’à moins de 15 % et que la vaccination dans de nombreux pays du Sud reste balbutiante voire inexistante.

Au-delà des aspects moraux, le groupe d’experts « The Independent Panel for Pandemic Preparedness and Response », mandaté par l’Organisation mondiale de la santé, rappelle que cette situation pourrait favoriser l’émergence de variants du Sars-CoV-2 capables d’échapper aux vaccins et saper tous nos efforts de contrôle.

La suite ici : La chronique Carta Academica: nous avons breveté le soleil