Rappel : en démocratie, on ne tue pas ses adversaires

Dans le cas qui nous occupe, deux personnalités ont défrayé la chronique mardi. D’abord le président du MR en plaçant le danger que représente Jürgen Conings sur le même pied que le communautarisme qu’il prête à la gauche francophone. Ensuite Siegfried Bracke, N-VA, ancien président de la Chambre en accusant le virologue Marc Van Ranst d’être la cause du problème. Marc Van Ranst, trop présent, aurait selon Siegfried Bracke, voulu lui-même s’approprier tous les leviers du pouvoir.

Ces deux relativismes ne viennent pas de l’extrême droite, mais de partis démocratiques. C’est assez remarquable. Même si plusieurs cadres du Belang ont aussi relativisé ce qui se passe, le président du parti Tom Van Grieken passe beaucoup de temps à plutôt se déscotcher de l’image de Jürgen Conings. Il est dans une stratégie de long terme ou il espère pouvoir vendre une image de son parti qui rompt avec la tradition de violence fasciste qui est l’ADN du Vlaams Blok, l’ancêtre du Belang.

Que le relativisme provienne de membres de partis démocratiques, voire du président d’un parti démocratique, est beaucoup plus étonnant et démontre une érosion des valeurs démocratiques.

Les faits sont simples, un militaire a pris les armes, il s’est retourné contre son pays, contre l’Etat de Droit et menace directement l’intégrité physique d’au moins un virologue qui a usé de sa liberté d’expression. Le tout avec une idéologie d’extrême droite, fasciste, qui a conduit les services de renseignement à le qualifier de dangereux.

Depuis une dizaine de jours Marc Van Ranst est enfermé avec sa famille, dans une Safe House. C’est lui que l’Etat est obligé d’enfermer pour le protéger de la violence d’un de ses représentants.

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