Origine du SARS-CoV-2 : un an et demi après, plus de questions que de réponses

Retracer le parcours du SARS-CoV-2 suppose d’expliquer son émergence puis sa propagation. Il peut y avoir plusieurs possibilités : l’apparition puis la diffusion du virus de manière naturelle (zoonose) ; la diffusion accidentelle d’un virus étudié en laboratoire (échappement) ; la modification d’un virus en laboratoire, pour lui conférer de nouvelles propriétés, puis sa diffusion, volontaire ou non.

Répondre à ces questions passe par un travail d’enquête scientifique. Pour cela, depuis un an et demi, les spécialistes analysent les séquences du génome du virus, pour le comparer à d’autres. Ils s’efforcent également d’identifier les premiers malades du Covid-19 et d’étudier leur environnement, notamment les animaux avec lesquels ils ont été en contact.

L’exploration de la piste zoonotique demande de la chance. « Trouver l’animal hôte, c’est comme chercher une aiguille dans une meule de foin, résume Etienne Simon-Lorière, chercheur en virologie à l’Institut Pasteur. D’autant qu’en Chine, ce sont des surfaces immenses où collecter. »

En outre, le « patient zéro » de la pandémie est inconnu. Le plus ancien malade connu date du début de décembre 2019 à Wuhan. Or, la souche originelle remonte à septembre ou octobre de cette même année, montrent les analyses phylogénétiques. « On ne sait pas où elle est apparue. Si les premières personnes contaminées étaient des jeunes, peut-être qu’ils n’avaient pas de symptômes », suggère Virginie Courtier, directrice de recherche en biologie au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Pour ne rien arranger, les infections à virus à ARN ne laissent souvent pas de trace à long terme.

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