Comprendre la crise migratoire « sans précédent » à Ceuta

Une « grave crise pour l’Espagne et pour l’Europe ». C’est ainsi que le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a qualifié l’arrivée de plus de 8 000 migrants, dont environ 2 700 mineurs, dans l’enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, entre lundi 17 et mardi 18 mai. Une situation sans précédent pour ce territoire pourtant habitué à la pression migratoire.

Pour répondre à ces arrivées massives par la terre mais aussi par la mer, le gouvernement espagnol a déployé l’armée, mardi, pour surveiller la frontière avec le royaume chérifien. Accusé d’avoir relâché son contrôle de la frontière, le Maroc a, lui aussi, renforcé son dispositif de surveillance dans la journée de mardi.

Ceuta est au cœur des problématiques migratoires entre le Maroc et l’Espagne depuis des décennies. Cette nouvelle crise témoigne, cependant, du bras fer diplomatique entamé par les deux voisins depuis plusieurs semaines. Explications.

…Le Maroc est un partenaire indispensable de l’Espagne dans la gestion des flux migratoires, notamment aux frontières de Ceuta et Melilla. Mais les relations diplomatiques entre les deux pays sont aussi entachées de différends qui refont régulièrement surface et provoquent des bras de fer, comme c’est le cas ces dernières semaines. Le doute quant à l’instrumentalisation de la question migratoire n’est alors jamais loin.

Les deux enclaves espagnoles font partie des sujets de discorde. L’une et l’autre sont revendiquées depuis soixante ans par le Maroc, qui y voit des vestiges de l’empire colonial espagnol. L’origine de la récente montée des tensions diplomatiques entre Rabat et Madrid est cependant à chercher ailleurs : du côté du Sahara occidental, le seul territoire du continent africain dont le statut postcolonial n’est pas définitif. Depuis 1976, ce territoire de 266 000 kilomètres carrés, situé entre le Maroc et la Mauritanie, est l’objet d’un conflit entre Rabat, qui en contrôle 80 %, et les indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

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