Tomorrowbelgium : le CODECO de la rupture

En effet, jamais les décisions d’un comité de concertation n’ont été aussi éloignées de ce que le groupe d’experts préconisait. C’est une rupture avec le passé, et cette rupture s’est concrétisée par l’isolement de Frank Vandenbroucke (Vooruit), ministre de la santé, à la table, et son absence remarquée lors de la conférence de presse. Pour le ministre de la santé, il fallait montrer qu’il était à la fois solidaire du gouvernement, mais aussi qu’il n’était pas sourd aux avertissements lancés par le Gems.

Dans une lettre envoyée au CODECO, le Gems insiste sur le fait que la vaccination est encore partielle, que le variant indien constitue une menace sérieuse, que le niveau de l’épidémie reste élevé chez nous. Ils résument : il existe un risque de résurgence rapide de la circulation du virus liée aux assouplissements déjà prévus et envisagés. Rapide, on parle du mois de juillet. Ils expliquent que du point de vue sanitaire, la comparaison avec les autres pays européens, généralement plus stricts que nous, se détériore. Il demande donc une approche prudente et réaliste. Inutile de vous dire qu’ils ont été déçus. Frank Vandenbroucke a bien plaidé dans leur sens mais cette fois, il s’est retrouvé isolé.

C’est la fin du duo De Croo-Vandenbroucke. Ce duo qui, à quelques petites anicroches près, était resté très solide depuis la deuxième vague, s’est heurté à l’évolution de la réalité politique en Flandre. Ainsi Wouter Beke (CD&V), le décrié ministre flamand de la santé, retrouve de l’entrain. Il se félicite des très hauts taux d’adhésion aux vaccins dans le Nord. Il promet un feu d’artifice de piqûres pour le 11 juillet.

Jan Jambon (N-VA), ministre-président, a dû limer les dents de son lion depuis l’incendie de la deuxième vague qu’il était le seul à ne pas voir. Il échafaude et communique un plan pour la liberté avant toute décision fédérale. Il veut sauver les festivals flamands de la fin de l’été, qui pèsent d’un poids économique, symbolique et politique fort.

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