Des salaires minimums légaux plus élevés et des négociations collectives plus fortes profitent à l’économie

En octobre 2020, la Commission européenne a publié sa proposition de directive visant à assurer des salaires minimums adéquats dans l’Union européenne. C’est la première fois dans l’histoire de l’UE qu’un projet de loi vise de manière explicite non seulement à augmenter considérablement les salaires minimums en Europe, mais également à renforcer les négociations collectives.

Cette proposition représente un changement de paradigme. Il n’y a pas si longtemps encore, la Commission rejetait les salaires minimums adéquats et les négociations collectives fortes, considérant qu’ils constituaient des obstacles au fonctionnement des marchés libres et arguant qu’ils avaient un impact négatif sur la croissance et l’emploi. En effet, à la suite de la dernière crise économique majeure de 2008/2009, l’UE a exercé une influence considérable dans de nombreux pays, les exhortant à geler, voire à réduire, les salaires minimums et à affaiblir les négociations collectives.

La proposition de directive sur les salaires minimums adéquats vise à réaliser exactement l’inverse : des salaires minimums adéquats et des négociations collectives fortes doivent permettre aux travailleurs de vivre décemment de ce qu’ils gagnent. Comme on pouvait s’y attendre, beaucoup continuent d’affirmer qu’une augmentation des salaires minimums prolongerait la crise, coûterait trop cher aux entreprises et ferait perdre des milliers d’emplois. Bref, selon le raisonnement traditionnel, une augmentation des salaires minimums est mauvaise pour l’économie.

En réalité, l’expérience à travers le monde démontre exactement le contraire : des salaires minimums adéquats sont essentiels à la reprise économique. S’il n’y avait qu’une leçon à tirer de la dernière crise, c’est que l’austérité et le gel des salaires ne constituent pas la voie du redressement.

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