La finance du monde d’après ressemble furieusement à celle d’avant

La confusion actuelle est totale. Certains pays, forts des résultats obtenus dans leur lutte contre le Covid-19 et des progrès de la vaccination, avancent résolument sur la voie d’un retour à une vie sociale et économique libérée de beaucoup de contraintes. D’autres, comme la France, se risquent à les suivre sans avoir encore vraiment réussi à endiguer la menace sanitaire. D’autres encore, comme l’Inde, sont submergés par une nouvelle vague qui reporte à une date lointaine toute amélioration réelle de leur situation.

Dans ce contexte, les prévisions économiques sont extrêmement aléatoires. Même des pays apparemment tirés d’affaire peuvent voir leur activité freinée par des problèmes d’approvisionnement en matières premières et en produits intermédiaires du fait d’une forte reprise de la demande mondiale et d’une désorganisation de nombreuses filières. La Chine est repartie de l’avant et les États-Unis ont enregistré au premier trimestre une croissance spectaculaire de 6,4% (en rythme annualisé), mais la zone euro a vu son PIB reculer de 0,6% (avec une baisse de 1,7% en Allemagne, mais une progression de 0,4% en France, grâce à une hausse de l’investissement, une activité soutenue dans la construction et des mesures de confinement moins restrictives).

Pour les marchés financiers, cela ne fait pas de doute: la tendance est à la reprise de l’activité et il faut la jouer. Aux États-Unis, l’indice S&P 500 a battu ses records une vingtaine de fois depuis le début de l’année et affiche déjà une hausse de plus de 11%; sur un an, la hausse n’est plus très loin de 50%. Des mouvements comparables se retrouvent en Europe et en Asie. En Chine continentale, les marchés sont plus réservés: après une remontée rapide de l’activité et des cours, l’administration semble soucieuse de calmer le jeu. Mais la bourse de Taïwan s’envole.

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