Interdire les robots tueurs avant qu’il soit trop tard

Les robots tueurs, ou « systèmes d’armes létales autonomes » dans le jargon officiel de l’ONU, sont des armes censées sélectionner, attaquer et tuer des cibles sans aucun contrôle humain. De telles armes n’existent pas encore aujourd’hui. Mais la rapidité des progrès technologiques et les recherches menées par certaines superpuissances militaires concernant le potentiel de ces armes indiquent que ce n’est qu’une question de temps avant que ces armes deviennent opérationnelles.

Ceci est problématique à plusieurs titres. Comment un robot pourrait-il respecter le droit international humanitaire ? Et surtout, en ces temps de conflits asymétriques, comment pourrait-il distinguer les combattants de la population civile ? L’utilisation de robots tueurs pose également un problème juridique majeur : à qui incombera la responsabilité devant la loi si les choses tournent mal ? Plusieurs autres complications se profilent également à l’horizon : le développement de robots tueurs créerait une nouvelle forme de course aux armements ; le seuil à partir duquel les parties en conflit s’engagent dans la violence diminuerait ; la vitesse croissante de la guerre provoquerait d’inévitables accidents. Et que penser de l’utilisation potentielle de robots tueurs contre leurs propres populations par des régimes peu soucieux des droits humains ? C’est pourquoi 66 % des Belges ont indiqué dans un récent sondage qu’ils étaient contre l’utilisation de robots tueurs. Une grande majorité de répondants (67 %) a déclaré qu’il était totalement immoral de laisser la décision de la vie ou de la mort à une machine.

Il n’est heureusement pas trop tard pour arrêter cette évolution. Un traité international qui interdit les robots tueurs à titre préventif et assure un contrôle humain adéquat sur tous les autres systèmes d’armes doit être en mesure de garantir que la dignité humaine n’est pas compromise. C’est précisément en faveur de cela que plaide la Campagne contre les robots tueurs, une coalition internationale de 172 organisations réparties dans 65 pays, depuis 2012. La coalition est soutenue dans son appel par plus de 4.500 scientifiques, 26 lauréats du prix Nobel de la paix et le Secrétaire général de l’ONU.

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