Joe Biden, le président des travailleurs

Après quatre ans de bruit et de fureur, on attendait la version américaine du « président normal ». Installé à la Maison Blanche deux semaines à peine après le traumatisme de la prise du Capitole par des insurgés partisans de Donald Trump, Joe Biden avait pour première responsabilité de rétablir le calme et la dignité à la tête des Etats-Unis d’Amérique. En cent jours, il s’est acquitté de cette mission.

Il a, en revanche, vite fait de secouer l’image de préretraité qu’on lui avait assignée un peu abusivement, à l’issue d’une campagne électorale plombée par une pandémie de Covid-19 dévastatrice. Dès son arrivée dans le bureau Ovale, à 78 ans, Joe Biden le centriste a pris un virage radical. De ses cinq décennies au Sénat puis à la Maison Blanche, comme vice-président de Barack Obama, il a retiré une leçon, qu’il applique depuis le 20 janvier à la situation exceptionnelle dans laquelle il a trouvé le pays : la primauté du politique.

Il fallait rompre avec la présidence Trump pour en dissiper le profond malaise. La politique a donc commandé à son successeur d’aller vite, de voir grand et de frapper fort. L’Amérique était malade et l’homéopathie hors de question. Il ne fallait pas non plus songer à négocier un programme consensuel avec l’opposition républicaine : après des années de polarisation, le parti de Donald Trump n’est pas dans cet état d’esprit.

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