L’hésitation vaccinale des francophones, une aubaine pour les nationalistes flamands

De tant à autres les nationalistes flamands doivent rappeler ce qu’ils sont. La Flandre passe avant la Belgique, le Flamand avant le Belge. Jan Jambon évoque donc l’idée d’assouplissements différenciés si la couverture vaccinale devient plus grande entre Nord et Sud. Un autre membre de son gouvernement, qui n’est pas nationaliste flamand, mais qui bien sûr est flamand et bien sûr nationaliste même s’il est démocrate chrétien, Wouter Beke, CD&V ne dit pas autre chose : « La Flandre ne doit pas être la victime de la situation francophone. Le Flamand doit être récompensé« .

Comme de bien entendu, ces déclarations suscitent une levée de boucliers côté francophone. On s’indigne de cette communautarisation de la vaccination alors que, c’est ballot quand même, la vaccination est précisément du ressort des Communautés.

Bref, vous avez une photographie de la Belgique. Un, des nationalistes flamands qui soulignent une différence avantageant la Flandre au détriment du sud du pays. Deux, des politiques flamands qui expliquent cette différence par des uniques ressorts « culturels », et attribuent ces avantages aux seuls mérites des Flamands suscitant un sentiment d’injustice. Trois, des francophones qui s’indignent au nom de la solidarité.

Depuis la fin des années 90, ce schéma est à l’œuvre, Flandre méritante, Wallonie « sac de Pierre », Bruxelles « boulet ».

C’est surtout sur le public le plus à risque, les plus de 65 ans, que la Flandre performe mieux que Bruxelles et la Wallonie atteignant près de 93% de couverture. Alors que nous sommes aux alentours de 70%. Le problème c’est que cette divergence risque de s’accentuer. Car le défi n’est plus d’abord logistique aujourd’hui il est sans doute un peu « culturel » (la proximité avec la France), mais surtout « sociologique » (Bruxelles ville cosmopolite) et/ou « socio-économique » (les populations plus défavorisées sont plus difficiles à toucher). Pour ces trois raisons au moins, les sondages montrent que l’hésitation vaccinale est plus élevée dans le Sud que dans le Nord.

La suite : L’hésitation vaccinale des francophones, une aubaine pour les nationalistes flamands