Covid-19 : l’Inde de Narendra Modi ébranlée

C’était au début de février. Le premier ministre indien, Narendra Modi, se targuait d’avoir vaincu le Covid et sauvé son pays. Le sous-continent et son 1,4 milliard d’habitants ne comptaient que 9 000 cas quotidiens. Présenté comme la « pharmacie du monde », le pays exportait et offrait des millions de doses de vaccin, assurant en produire suffisamment pour que sa population soit protégée.

Trois mois plus tard, l’« exemple » indien a laissé la place au cauchemar. Chaque jour, 350 000 nouvelles contaminations et plus de 2 000 décès sont enregistrés ; l’Inde approche les 200 000 morts, selon des statistiques probablement très inférieures à la réalité.

Le spectacle des files d’ambulances aux portes d’hôpitaux saturés, des proches de malades suppliant en vain pour obtenir de l’oxygène, des incinérations à la chaîne ne trompe pas. Des villes aux campagnes, des privilégiés aux pauvres, l’hécatombe n’épargne plus personne. Descendante jusqu’en février, la courbe de l’épidémie se dresse désormais presque à la verticale. Cette tragédie ébranle un grand pays plein de promesses, mettant au jour ses faiblesses.

Pareil retour de flamme ne peut s’expliquer uniquement par l’imprévisibilité d’un virus et de ses variants. Le défaut de prévision, l’arrogance et la démagogie de Narendra Modi comptent à l’évidence parmi les causes d’une situation qui semble aujourd’hui hors de contrôle et nécessite une mobilisation internationale. Le premier ministre, après avoir, en 2020, paralysé et traumatisé son pays en décrétant un confinement brutal, abandonnant des millions de travailleurs migrants, a totalement baissé la garde au début de 2021.

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