Faire respecter les droits humains par les entreprises ? Il est temps que la Belgique se réveille

Contrairement à d’autres pays, la Belgique est à la traîne en matière de législation sur le devoir de diligence des entreprises à respecter les droits humains. Huit ans après la catastrophe du Rana Plaza, très peu de choses ont changé!

l y a de fortes chances que les vêtements que nous portons aient été fabriqués dans des conditions de travail précaire, que notre smartphone contienne des minéraux extraits par des enfants et que le chocolat belge que nous mangeons ait été fabriqué par des personnes réduites en esclavage. Il est hallucinant qu’en 2021, soient encore vendus sans restriction un nombre considérable de ces produits qui font l’objet de violations des droits humains au sein de l’Union européenne où les droits humains sont pourtant tenus en si haute estime par les autorités.

Au cours de la dernière décennie, plusieurs lois de nature volontaire visant les entreprises ont été développées par les Nations Unies et l’OCDE. C’est ainsi qu’a émergé le concept de « devoir de diligence » qui demande aux entreprises d’identifier les impacts négatifs potentiels de leurs activités sur les droits humains et l’environnement et cela tout au long de leur chaîne de valeur. Elles doivent également prendre les mesures nécessaires pour prévenir ces impacts. Les entreprises qui ne s’y plieraient pas pourraient être tenues pour responsables qu’il y ait un dommage ou pas ; et les victimes devraient avoir accès à des réparations.

En 2017, la Belgique a adopté son « plan d’action national sur les entreprises et les droits humains ». Malheureusement, l’accent a été mis sur les actions volontaires. Le respect des droits humains dans les chaînes de valeur y est présenté comme une option plutôt qu’une condition de base pour entreprendre.

Compter sur la bonne volonté des entreprises n’est pas suffisant, comme l’a montré une étude de la Commission Européenne qui a révélé qu’actuellement seules 37 % des entreprises du continent pratiquent une forme de diligence raisonnable, et malheureusement souvent imparfaite. Pendant ce temps, les entreprises qui ne se soucient pas d’éventuelles violations commises au sein de leurs chaînes de valeur se contentent de poursuivre leurs activités, en toute impunité. Il est urgent d’harmoniser les règles pour toutes les entreprises.

La suite ici : Faire respecter les droits humains par les entreprises ? Il est temps que la Belgique se réveille