Un bouillon de culture au bord de l’explosion

Le risque est donc très grand que le Comité de concertation déçoive le monde de la culture, et le risque est très grand que certains se déconfinent d’autorité, sans autorisation. Il est possible que la situation échappe au politique, qu’en plus de la chasse aux éventuelles terrasses illégales le premier mai, les policiers se retrouvent à la poursuite du concert de Sitar, à la guerre au seul en scène, à la répression d’une conférence sur l’Ecole de Francfort. Bref le risque c’est que l’Etat se retrouve débordé, et donne l’impression d’une guerre ouverte contre la culture.

Pourquoi en est-on arrivé là côté francophone ? A la base, il y a d’abord le fait que le monde de la culture, en particulier les arts vivants et l’événementiel est comme l’Horeca un secteur jugé à haut risque de transmission. C’est donc le premier secteur qui a fermé lors de la première et de la deuxième vague quand il a fallu faut faire face à l’urgence. Et c’était le dernier à rouvrir et dans des conditions strictes lorsque l’été passé le déconfinement fut venu. C’est vrai chez nous, et dans la plupart des pays frappés par le Covid. Rare sont ceux qui ont rouvert les salles de concert avant les commerces.

Cette réalité épidémiologique s’accompagne également du fait que la culture est en partie un secteur subsidié et que les subsides ont été garantis. Du point de vue de nombreux décideurs, le déconfinement du secteur culturel est donc moins urgent socialement ou économiquement que celui du commerce qui, en outre, coûte cher en indemnisations. Le secteur culturel considère qu’il est la dernière priorité du politique, ce n’est pas faux.

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