Le féminisme, pilier d’une démocratie durable

Partout, la démocratie est malmenée. Elle compte nombre d’adversaires, qui souvent font preuve de violence. La tentative d’insurrection contre le Capitole à Washington, le 6 janvier dernier, en est l’illustration la plus spectaculaire. Les lois récemment votées ou en discussion dans certains États fédérés américains, notamment en Géorgie, pour restreindre l’accès au vote des minorités ethniques, en sont un autre exemple. La haine et le conspirationnisme d’extrême droite gagnent du terrain des deux côtés de l’Atlantique.

Comment défendre la démocratie ? Comment la renforcer ? Comment répondre, notamment, aux demandes d’émancipation et de participation de la part des citoyen.ne.s et des plus jeunes ? Parce que la démocratie est un processus, elle est sans cesse en construction, comme l’explique Pierre Rosanvallon, pour qui elle s’inscrit dans « une histoire tumultueuse, indissociable d’une indétermination structurelle ».

Le féminisme apparaît comme l’une des réponses : d’abord parce qu’il permet de mieux comprendre le réel dans sa complexité, en levant des angles morts, en bousculant les évidences, afin, ensuite, de mieux agir en termes d’agenda et de gouvernance. Avec les grandes crises politiques, mais aussi socio-économiques et bien sûr sanitaires et environnementales, nos sociétés gagneront à s’appuyer sur le féminisme, qui est une force transformatrice en faveur du progrès social et démocratique.

Le féminisme, c’est une révolution, non violente, pour une société plus inclusive, plus ouverte, plus créative et plus imaginative. C’est une vision globale, non seulement pour garantir l’égalité femmes-hommes et les droits des femmes à tous les niveaux, mais aussi parce qu’une perspective « gender conscious » s’appuie sur la recherche (scientifique et pluridisciplinaire, citoyenne, militante), promeut un rapport respectueux aux autres et à la planète, et modernise la manière de gouverner, et ce, que le pouvoir soit aux mains de femmes ou d’hommes. Il n’y a pas de « leadership au féminin ». Il n’y a pas de « qualités féminines » dans l’exercice du pouvoir. Il existe, en revanche, une nécessité de prendre en compte la multiplicité des appréhensions du monde, afin de privilégier, plutôt qu’un pouvoir « sur », un pouvoir « avec » et un pouvoir « de ».

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