Ces fake news outils des pouvoirs

Depuis l’antiquité existent des «fake news», des mensonges d’Etat et même de papes. Pour assoir leur pouvoir, des rois, empereurs, des chefs religieux n’ont pas hésité à revisiter l’histoire, à détruire la représentation de rivaux ou de prédécesseurs qu’ils voulaient gommer de la mémoire. Même l’histoire de la science regorge de faux, d’inventions destinées à devenir des scoops ou des moyens d’attirer les regards des contemporains dans une course aux honneurs et à la reconnaissance scientifique.

Et que dire des faux et contrefaçons utilisés pour façonner des identités ethniques et nationales comme aux 18ème et 19ème siècle.   « Les nations modernes se sont construites sur des histoires communes et contre des ennemis communs. Les faux documents, les théories du complot et les dénis de justice ont fait apparaître des boucs émissaires et de les condamner, avec les conséquences dévastatrices et durables que l’on sait. », peut-on lire dans une exposition très intéressante « Fake for Real » à la Maison de l’histoire européenne à Bruxelles. Du cheval de Troie à Internet, découvrez l’histoire des tromperies et supercheries qui embrouille les citoyens.  Un problème de démocratie particulièrement intense actuellement : « L’expression ‘société de la post-vérité ‘ désigne une culture dans laquelle l’opinion publique se fonde sur les émotions et les opinions personnelles plutôt que sur des faits. Les fake news, ou infox, en sont les symptômes les plus flagrants. », expliquent les organisateurs de cette exposition.

Le parfait complément de cette visite dans les faux historiques est la lecture du livre détonnant de Jacques Baud, « Gouverner par les fake news ». Il ne s’agit pas de l’œuvre d’un complotiste, d’un journaliste en recherche de scoop, d’un romancier jonglant avec l’imagination. Jacques Baud est un colonel de l’armée suisse, expert en armes chimiques et nucléaires, formé au contre-terrorisme et à la guérilla. Au service des Nations Unies, il a été chef de la doctrine des Opérations de maintien de la paix à New York, et engagé en Afrique. A l’Otan, il a dirigé la lutte contre la prolifération des armes légères. L’homme sait donc de quoi, il parle, il l’a vécu de l’intérieur. Pensionné, il est loin d’être en retraite ! Son livre se lit comme un polar mais tout est vérifié, mis en perspective… Et c’est explosif. Ainsi, l’empoisonnement d’un ancien espion russe au Novichok, en Grande-Bretagne, est immédiatement attribué aux services secrets russes, sans la moindre preuve et sans qu’il y ait une explication claire sur le but de cet acte criminel. Et l’auteur d’expliquer qu’il est notoire que des doses de ce poison ont été volées et ont servi plusieurs fois à la mafia russe, bien présente en Grande-Bretagne, pour éliminer des Russes qui gênaient ses affaires. Mais cela a servi une stratégie de tension diplomatique extrême des pays occidentaux envers la Russie.

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