Pourquoi Trump a tant plu aux évangéliques

André Gagné prend tout d’abord soin de distinguer les évangéliques entre eux. Dans son ouvrage, il est uniquement question des évangéliques dits «charismatiques»[1]. Avec les évangéliques pentecôtistes dont ils se rapprochent, ils représentent en 2020 un quart des chrétiens dans le monde. Leur croissance fulgurante, avec 20 millions de nouveaux fidèles par an depuis 2010, les amènerait à représenter un tiers des chrétiens en 2050. C’est dans leurs rangs que fleurit une théologie qui défend un programme sociopolitique mondial et dont Donald Trump constitue une des pièces maîtresses.

L’appellation «évangélique» recouvre une réalité extrêmement diverse. Selon l’historien David W. Bebbington, seuls quatre points les rassemblent: le biblicisme (la Bible comme fondement de toute vérité religieuse), le crucicentrisme (la mise en exergue de l’événement de la croix), la nécessité de la conversion personnelle et le zèle, l’activisme des fidèles.

De même, comme le suggère le titre de l’ouvrage, tous les évangéliques ne sont pas derrière Trump. Ainsi Mark Galli, rédacteur en chef de Christianity Today, le journal évangélique américain aux 4,5 millions de lecteurs mensuels, demande en 2019 la destitution de Trump. Selon lui, son comportement immoral discrédite l’ensemble des évangéliques américains.

Parmi les partisans évangéliques de Trump, tous ne lui apportent pas non plus un appui indéfectible. La «droite chrétienne», soutien important des candidats républicains, ne regroupe pas seulement des évangéliques, mais aussi des catholiques et des protestants luthéro-réformés. Ensemble, ils défendent les valeurs judéo-chrétiennes comme fondement du pays. Ils se distinguent par leurs vues conservatrices sur l’avortement, les droits des personnes LGBT+, l’euthanasie, etc.

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