«La taxe kilométrique à Bruxelles tient la route»

Dans les cours de Finances publiques, au chapitre sur le fédéralisme, on enseigne qu’un des mérites de la décentralisation est qu’elle permet d’apprendre des autres, en repérant les bonnes pratiques parmi les façons différentes dont une même problématique peut être traitée par les différences composantes d’un Etat. A suivre le débat sur la taxe kilométrique, on pourrait craindre qu’en Belgique ce ne soit plutôt l’occasion de tuer les bonnes idées. (1)

Cette taxe kilométrique vise à traiter deux problèmes : une congestion routière aux conséquences néfastes pour la santé et l’environnement et un financement inadéquat de la Région de Bruxelles capitale (RBC). Pour traiter le premier, elle applique une forme généralisée du principe pollueur-payeur. Pour traiter le second, elle fait contribuer les personnes qui profitent des infrastructures routières de la RBC à leur financement. Ces deux problèmes ont un point commun : en Belgique ils sont mal traités et quand une idée qui permettrait de faire mieux est sur la table, il est particulièrement regrettable qu’elle soit flinguée de toutes parts.

Commençons par le premier point. Un grand nombre de personnes sont d’accord avec le principe pollueur-payeur quand le pollueur, c’est l’autre. Tant que c’est une cheminée d’usine, pas de soucis. Et quand Monsieur Michu est coincé dans un embouteillage, il va maugréer sur… les autres. Ce principe est pourtant parfaitement justifié d’un point de vue sociétal. Celui qui pollue génère un coût pour la société et aussi pour les générations futures. Celui qui contribue à encombrer l’infrastructure routière fait perdre du temps aux autres et génère une perte de bien-être pour toute la société. Ni l’un ni l’autre ne paie directement pour cela : dans le vocabulaire des économistes, ils génèrent un coût externe. L’un et l’autre en font donc trop pour ce qui est socialement acceptable. Il est parfaitement logique que celui qui génère un coût le paie. Visiblement, chez nous, cela coince assez fort quand ce n’est plus l’autre mais soi-même…

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