L’Irlande du Nord renoue avec la violence

Depuis début avril, l’Irlande du Nord renoue avec de vieux démons. La semaine dernière, des troubles ont éclaté au milieu de tensions liées au Brexit et à la colère d’unionistes furieux que la police ait décidé de ne pas poursuivre des membres du Sinn Féin qui avaient enfreint les règles sanitaires liées au Covid pendant l’enterrement d’une ancienne personnalité de l’IRA, Bobby Storey, l’année dernière.

À Belfast, des émeutiers se sont affrontés le long de la «peace line», la ligne de paix au nom si ironique, qui divise les quartiers unionistes (à majorité protestante, fidèles à la couronne britannique) et nationalistes (à majorité catholique, aspirant à une réunification de l’Irlande). Un bus a été incendié, des cocktails molotov ont fusé. À Londonderry (ou Derry, pour la communauté catholique), lieu hautement symbolique depuis le Bloody Sunday de 1972, des voitures ont été incendiées.

Le Premier ministre de la République d’Irlande, Micheál Martin, a condamné ces violences et appelé les deux gouvernements à «travailler ensemble pour désamorcer les tensions et restaurer le calme». Boris Johnson, Premier ministre britannique, s’est dit «profondément inquiet» face aux scènes de violence.

La tension monte en Irlande du Nord depuis le vote du Brexit et l’éventualité d’un retour d’une frontière entre les deux Irlande, la britannique au nord et la république indépendante, au sud, restée dans l’Union européenne. Cette absence de frontière avait justement été un des éléments clés de l‘accord du Vendredi saint de 1998 qui avait mis un terme à une trentaine d’années de violences

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