Israël. L’idée rance d’un homme fort pour la nation juive

Pour comprendre la crise israélienne, il faut remonter au 23 mai 2020. Dans l’immeuble du tribunal de district de Jérusalem, à l’entrée de la salle d’audience où doit s’ouvrir son procès pour corruption, fraude et abus de confiance, entouré d’une vingtaine de ministres et de députés de son parti le Likoud, Benyamin Nétanyahou appelle le peuple à le soutenir contre le système judiciaire de son pays : « Citoyens d’Israël, ce qui est en procès aujourd’hui n’est autre qu’une entreprise destinée à contrer la volonté du peuple, une tentative de me renverser, moi et le camp de la droite. Pendant plus d’une décennie, la gauche n’a pas pu réaliser cet objectif par les urnes. Alors, depuis quelques années, ils ont trouvé une nouvelle méthode : des éléments au sein de la police et des services du procureur se sont alliés avec les médias gauchistes […] pour fabriquer des dossiers absurdes et sans fondement contre moi ».

Ainsi exprimait-il deux éléments fondamentaux de l’idéologie dans laquelle il a été élevé par son père l’historien Benzion Nétanyahou (1910-2012) : Israël et la nation juive doivent être dirigés par un homme fort, et l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de gauche serait une catastrophe pour le pays dont il se considère personnellement comme le gardien.

C’est en 1928 que Benzion, étudiant, adhéra à l’Alliance des sionistes révisionnistes fondée par Vladimir Zeev Jabotinsky, sur le modèle des mouvements nationalistes européens. Il s’agissait de reconstruire une existence nationale juive qui ne soit pas contaminée par des idées universalistes. Les juifs étant considérés comme une nation de commerçants et d’hommes d’affaires, les théories économiques socialistes, qualifiées d’antisionistes au même titre que le communisme, étaient rejetées.

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